Last Updated on 9 août 2022 by Bois et matières

Dans cet article, nous allons développer les différents inconvénients liés à la pose d’une terrasse en composite. Nous allons développer plus particulièrement l’aspect environnemental de ce type de produit.

Une prise de conscience écologique

Aujourd’hui, les préoccupations écologiques sont au cœur de toutes les discussions. En effet, nous travaillons depuis de très nombreuses années dans un secteur d’activité où les produits transformés que nous utilisons sont issus de l’exploitation des forêts. Le bois est l’une des matières premières les plus sensibles et les plus importantes pour la vie sur Terre. Nous sommes conscients et soucieux d’évoluer vers de nouveaux modèles économiques. Des modèles plus respectueux d’une gestion durable des ressources et dont l’impact environnemental serait réduit à son minimum. 

Nous sommes donc très attentifs aux évolutions des marchés ainsi qu’aux changements de mentalités des consommateurs. D’ailleurs, les industriels innovent de plus en plus sous la pression de ces derniers. Désormais, nous sommes face à une prise de conscience collective. Nous devons faire face à des changements climatiques qui impactent nos vies d’une manière très concrète.

La terrasse en composite ; pas si « verte » que ça !

Il y a une vingtaine d’années, la terrasse en composite était présentée comme un “produit vert”. D’ailleurs, on parlait – et on parle encore – de bois composite. La part de matière naturelle dans sa composition devait faire oublier la partie, pourtant non négligeable, de produits issus de la pétrochimie et qui entrent aussi dans sa composition. D’autres arguments étaient bien entendu mis en avant pour expliquer aux consommateurs les bienfaits de ces nouvelles lames de terrasses. Elles devaient en effet permettre de réduire la pression exercée sur l’exploitation des forêts tropicales d’où sont issus les principaux bois utilisés pour les aménagements extérieurs.

Oui mais voilà : avec le temps et le recul, l’image de la terrasse en composite s’est écornée. Ce n’est plus “le produit” idéal. Tous les articles écrits sur le sujet reviennent sur ses inconvénients et sur sa supposée rivalité avec le bois.

Alors, qu’en est-il vraiment ?

En 2022, faut-il encore acheter une terrasse en bois composite ?

La terrasse en composite n’est pas renouvelable

Le polyéthylène, le polypropylène et le chlorure de polyvinyle ne poussent pas sur les arbres. Ce sont des produits pétroliers qui dépendent de l’une des industries les plus nocives pour l’environnement. En fait, l’ensemble de l’industrie des terrasses composites a été lancée par les compagnies pétrolières. Elles ont été mandatées pour trouver une utilisation à la quantité massive de sous-produits nocifs qui proviennent de leur processus de fabrication.

Bien que, à la base, l’idée d’un recyclage soit louable, cela n’enlève rien au fait qu’ils émanent toujours du processus de fabrication d’une industrie lourde et polluante.

La plupart des fabricants de terrasses en composites revendiquent un certain pourcentage de produits recyclés. Nous ne doutons pas que cela soit vrai. Cependant, nous parlons toujours d’un matériau non biodégradable qui devra être remplacé à moyen terme et qui finira à coup sûr dans une décharge.

Comment, dans ce cas, peut-on le considérer comme un “produit vert” ? 

Même si la déforestation n’est pas un mythe, de nombreux efforts sont réalisés par les principaux pays producteurs. Ils mettent en place des réglementations de plus en plus contraignantes et imposent aux exploitants des programmes de reforestation importants. Le bois est une ressource renouvelable et l’industrie forestière en est parfaitement consciente. L’expression peut faire sourire, mais pensez-vous qu’elle prendrait le risque de scier la branche sur laquelle elle est assise ?

Les forestiers sont les premiers à agir pour la gestion durable de la ressource. En réalité, l’ensemble de l’industrie du bois représente environ 2 à 3 % de la déforestation.

Et l’industrie pétrolière ? Remet-elle du pétrole dans le sol ?…

La terrasse en composite est un produit non biodégradable

Que devient alors ce bois composite lorsqu’il est remplacé ?

Où est-il transporté ?

Les fabricants de composite et les groupes environnementaux vantent la propriété “verte” des lames de terrasses en composite grâce leur supposée longévité. Mais le seul endroit où l’on a la garantie qu’il peut durer toute une vie se trouve dans les décharges. 

Il y a quelques mois, je regardais les actualités et les désastres causés par une tempête sur les installations d’un port touristique dans le sud-est des États-Unis. L’ensemble des pontons où étaient amarrés les bateaux ont littéralement été emportés par la tempête. C’est précisément cette vidéo qui est à l’origine de cet article. 

Il est un fait qu’aujourd’hui, la pression des lobbies de la pétrochimie et de certaines organisations environnementales dirigées par ces mêmes industries est énorme. Une pression mise sur les pouvoirs publics pour que la plupart des promenades, jetées et pannes de ports soient construites en bois composite. 

En voyant ces images, je me demandais ce qu’allaient devenir ces lames non biodégradables une fois déposées par la tempête dans l’océan ! 

Terrasse en composite sur le domaine public : un choix politique contestable

De plus en plus d’installations de bord de mer, qu’elles soient paysagères ou portuaires, sont prescrites et construites ainsi. De fait, la terrasse en composite se multiplie sur nos côtes. 

Ont-ils des informations sur les évolutions climatiques que nous n’aurions pas ?

Savent-ils que les phénomènes climatiques exceptionnels vont diminuer ?

Les tempêtes vont-elles se réduire ?

Peuvent-ils empêcher les ouragans à l’avenir ?

Vous vous en doutez, la réponse est NON ! Tous ces débris finiront en tout ou partie au fond des mers. D’autres débris seront déplacés sur nos côtes où ils resteront pendant des millions d’années. 

À titre de comparaison, même les bois extérieurs les plus robustes comme l’Ipé se dégradent complètement dans une décharge ou dans l’océan en dix ans environ. 

Cela interroge sur la justesse des politiques environnementales qui sont prises.

Une dureté médiocre qui ne convient pas à un usage intensif

Les terrasses en bois d’Ipé et de Cumaru sont presque dix fois plus dures que les lames composites.

Bien que cette dureté moyenne puisse convenir à votre jardin que quelques personnes traversent quotidiennement, imaginez les dommages causés par des centaines de milliers de personnes marchant chaque jour sur une promenade…

Endommager le noyau externe d’une terrasse en composite peut être catastrophique. Il est donc inévitable que les terrasses en bois composite placées dans l’espace public se dégradent et s’endommagent dans des conditions de trafic élevé.

Les terrasses en composite accumulent la chaleur

Les terrasses en composite sont essentiellement en plastique. Certains fabricants utilisent une coque extérieure en polyéthylène pur (le même matériau utilisé pour les bouteilles d’eau), tandis que d’autres mélangent le plastique avec de la farine de bois (produit de bois broyé).

Le plastique est connu pour retenir la chaleur et devenir très chaud en plein soleil. Dans ce cas, qu’il s’agisse de votre tour de piscine ou d’une promenade en bord de mer, à partir du moment où elle est exposée à la lumière directe du soleil toute la journée, je ne recommanderais pas d’y marcher pieds nus. Une fois que vous vous serez brûlé les pieds, vous ne le ferez probablement plus. 

En plus du facteur d’inconfort, lorsque le plastique est chauffé, il se décompose. Cela peut provoquer sur certains produits des remontées d’huiles. D’autres peuvent dégager des sous-produits gazeux, mais tous s’affaiblissent avec le temps. Tout à coup, votre terrasse est très chaude et ça sent le… eh bien, le plastique brûlé. 

Le plastique conserve également sa chaleur plus longtemps et cela, même après le coucher du soleil. Une terrasse en composite reste donc chaude longtemps et le plastique continue de se décomposer. Une exposition constante, jour après jour, se traduira par un ouvrage qui devra être remplacé assez rapidement.

Terrasses en composite, gare à la chute !

Qu’est-ce que le plastique ?

C’est un produit à base d’huile, et l’huile et l’eau ne se mélangent pas. Par conséquent, une terrasse en bois composite mouillée est une terrasse très glissante. 

La plupart des fabricants de composites ont tenté de résoudre ce problème en ajoutant de la texture et du faux grain de bois. Dans de nombreux cas, ils ont eu un certain succès, mais cela ne règle pas le problème en totalité. 

Le problème est d’autant plus important pour une terrasse en composite qui est placée dans l’espace public. En effet, l’accumulation de chaleur dégrade le plastique et le fera même suinter. Surtout si sa proximité avec le milieu marin l’expose constamment à l’eau.

Ajoutez, dans le cadre d’une promenade de bord de mer, par exemple, du ketchup, de la moutarde, de la barbe à papa ou toute sorte de nourriture… De l’huile de friture, de la lotion solaire, de la cire de surf et toutes autres sortes de choses qui seront inévitablement renversées sur la surface en plastique, vous obtiendrez une véritable patinoire.

Les terrasses en composites ne sont pas résistantes aux moisissures et aux champignons

C’est peut-être l’élément le plus choquant sur une terrasse en composite et que les gens ne connaissent généralement pas. Les composites originaux étaient des mélanges homogènes de farine de bois et de polyéthylène ou planches de PVC extrudés. Celles-ci sont rapidement tombées en disgrâce, car la farine de bois est toujours du bois. Elle absorbe très rapidement l’humidité malgré les liants en plastique. 

Il faut bien comprendre qu’inversement, le vrai bois contient des structures complexes qui absorbent et rejettent l’eau et les nutriments qui nourrissent l’arbre. Les résines naturelles protègent contre les insectes et les moisissures. Par exemple, les bois exotiques ont des propriétés naturelles qui les rendent imputrescibles et naturellement résistants à toutes sortes d’attaques bactériologiques (insectes, champignons, moisissures, etc.).

La farine de bois est essentiellement du bois broyé très fin. Ce qui fait que toutes les résines naturelles et la structure cellulaire qui permettent de combattre les insectes et les moisissures a été éliminée.

Des « progrès » ultérieurs ont enveloppé ce noyau de farine de bois avec un plastique pur, bloquant ainsi tous les facteurs nocifs au noyau interne, qui est plus vulnérable. 

Cette enveloppe crée cependant un nouveau problème. En effet, la lame de bois composite présente une construction hétérogène avec des éléments qui réagissent différemment à la chaleur, au refroidissement et à l’usure quotidienne. La coque peut se fissurer ou se séparer du noyau, compromettant ainsi le produit face à la solidité et à la résistance aux intempéries. Si cette mince couche protectrice est perforée, le noyau interne se retrouve exposé aux éléments, faisant apparaître la moisissure et la pourriture. Le simple fait d’installer la terrasse en vissant ou en coupant les planches expose nécessairement le noyau plus fragile.

La terrasse en composite est sensible aux rayures

Cet inconvénient vient essentiellement du fait que le polyéthylène est un plastique tendre. Le polypropylène, bien que rarement utilisé, est beaucoup plus résistant. Quel que soit le type de plastique utilisé, les platelages construits de cette manière ont pour but de protéger le noyau intérieur en fibre de bois contre les intempéries et la moisissure, mais il se raye rapidement. Avec un produit discount, cette coque sera d’autant plus fine. Elle se rayera d’autant plus facilement, exposant une fois de plus le noyau interne à l’eau et à la moisissure. 

Une résistance à la contrainte moins importante que le bois exotique

La résistance des matériaux composites varie d’une fabrication à l’autre, mais… Les petits caractères – tout petits caractères – de la plupart des manuels d’installation vous recommandent d’installer les planches de terrasse en resserrant les entraxes de pose de vos lambourdes ou solives.

Imaginez le coût supplémentaire de la structure par rapport à la surface totale de votre terrasse en composite… Ce surcoût est d’autant plus important pour des projets d’envergure destinés au domaine public.

La plupart des plastiques ont aussi une « mémoire » et, une fois déformés, ils ne reviendront plus. Le noyau en farine de bois n’est pas très solide et repose sur la coque extérieure en plastique pour le rigidifier. Si cette coque est compromise de quelque manière que ce soit, la résistance diminue considérablement. 

“Ma terrasse en composite a beaucoup bougé”

Tant que nous parlons de déformation des planches, intéressons-nous au mouvement des lames. Les fabricants de terrasses en composite vantent la stabilité de leurs produits et leur supériorité sur le bois. Le bois bouge, nous le savons tous. Mais on sait aussi comment et pourquoi il bouge. Le bois se déplacera dans sa largeur et presque pas du tout en longueur. Nous pouvons même prédire de combien de millimètres ou de centimètres il va bouger. Nous disposons d’études et de centaines d’années d’expérience autour de ces phénomènes.

Le plastique bouge également. Il bouge même beaucoup lorsqu’il est exposé à la chaleur. En effet, le noyau intérieur en farine de bois bouge dans tous les sens, car le bois est broyé et ne présente plus du tout les caractéristiques d’un bois naturel. Ajoutez à cela la coque extérieure en plastique qui se dilate au gré des conditions climatiques… En effet, une coque s’étire lorsque le noyau se déplace, mais ne se rétracte pas lorsque la farine de bois rétrécit à nouveau. Vous imaginez le problème ! Une des conséquences est que le noyau peut se séparer de la coque. Ces phénomènes sont d’autant plus importants que les extrémités qui ont été sciées à longueur ont des noyaux exposés qui gonflent encore plus.

L’esthétique des terrasses en composite, une affaire de goût 

Dans cet article, nous n’avons pas voulu aborder ni la question esthétique, ni les avantages à faire poser une terrasse en composite. Soyons honnête, ce matériau présente tout de même quelques avantages (essentiellement d’ordre esthétique) comme le choix des couleurs et leur durabilité dans le temps. 

Nous n’avons développé ici que les arguments qui mettent en valeur – à mon sens – le discours hypocrite d’une industrie. En effet, il s’avère que celui-ci s’appuie sur des éléments commerciaux mensongers pour commercialiser un produit, loin d’être aussi vertueux que l’on veut bien nous le laisser croire.

Alors oui, les contraintes environnementales nous obligent aujourd’hui à inventer des choses. Cependant, ne nous laissons pas aveugler par les lobbies qui jouent sur la culpabilisation des consommateurs à utiliser des produits naturels pour imposer des produits transformés avec des conséquences environnementales bien pires.

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